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Une vie qui continue dans le bon sens...

Pays du monde

Chamanland, le pays du peuple de l'extrême

Dernière mise à jour : 24 déc. 2023


MONGOLIE





Le bus nous débarque sur le parking en terre battue de la gare de Zamiid Uüd en milieu d'après-midi, sous 38°C. Nous touchons au rêve...enfin, presque !

En effet, notre première intention était de rallier Ulaanbaatar par le Transmongolien, mais, stoppé depuis le début de la pandémie puis suite aux évènements chez le grand voisin russe, la ligne n'est toujours pas rouverte.

Comme sa soeur chinoise de l'autre côté de la frontière, Zamiid Uüd est une ville brûlée de soleil et envahie par le sable et la poussière.

Bienvenue en Gobi, un des déserts les plus arides et inhospitaliers au monde !


En attendant de pouvoir embarquer, nous errons plusieurs heures sur les quais de cette gare de Farwest le long desquels s'entassent des centaines de familles chargées de lourds bagages et de cartons. Certains pique-niquent ou jouent aux cartes pendant que d'autres "siestent" à l'ombre des hauts bâtiments. Une famille vient s'assoir près de nous et nous entamons la conversation. Madame est guide touristique anglophone basée à UB et nous apprenons que son mari n'est autre que le cousin du chanteur du groupe "The Hu"dont nous sommes de grands fans. Ironie de l'histoire : le "Big Band" est encore en France après avoir "performé" au Hellfest alors que nous sommes ici, en Mongolie. La loose !


Nous regardons aussi les convois de minerais passer en gare. S'étirant sur des kilomètres, des centaines de wagonnets chargés à mort sont en partance pour la Chine.

Notre train arrive enfin... immensément long ! la locomotive s'arrête presque à notre hauteur.

Montant à bord, nous découvrons notre cabine-couchette en première classe. Certes, on est loin du confort du Transmongolien, mais le compartiment est joliment décoré et les lits sont très confortables. C'est parti pour 15h de voyage insolite vers la capitale, Ulaanbaatar.

Nous sommes à la période de l'année où les jours sont les plus longs (17h en cette mi-juin). La nuit ne tombant que vers 22h30, nous avons tout notre temps pour découvrir les premiers paysages désertiques qui nous rappellent tant le grand Sud saharien, les troupeaux de chameaux en errance dans ce désert et nous émerveillons devant des dizaines de gazelles. "Les ghizlanes" sont un signe de chance au Maroc !


Nous arrivons le lendemain matin à la grande gare de UB où notre taxi nous attend pour nous amener à notre hôtel de centre ville où nous allons passer une petite semaine de repos (pour moi) et de travail de montage vidéos (pour Lionel) avant la grande immersion dans cet immense pays.




Zamiin Üud et voyage en train

vers Oulan Bator


Nous découvrons la capitale par étapes, à commencer par notre quartier, très commerçant. Nous sommes vernis ! nous avons tout sur place : restaurants, supermarchés, boutiques où nous trouvons de quoi faire un réassort avant notre long voyage, banques...Bref, absolument tout ! Les gens sont d'une gentillesse incroyable. Curieux, affables et bavards, c'est par traducteurs interposés que nous échangeons partout où nous déambulons.

Le centre ville d'UB est très agréable aussi : de beaux espaces verts, une multitude de "malls" dans de hauts buildings ultra-modernes, des musées et des bâtiments publics magnifiquement mis en valeur et peints de couleurs vives, des temples remarquables et des statues partout, honorant l'esprit mongol. Mais à côté de ça, on trouve encore d'immenses immeubles de style soviétique planqués au milieu de cette modernité exubérante.

Fascinant !



A l'hôtel, nous faisons la connaissance de gens intéressants comme cet anthropologue italien installé depuis 9 mois dans les steppes du Nord pour y mener une étude poussée sur ce peuple de l'extrême, ses conditions de vie dans cet environnement rude, l'impact de la modernité et du développement de l'industrie minière sur l'avenir de leur civilisation d'éleveurs nomades...

Car, comme à Madagascar, le sous-sol de la Mongolie regorge de trésors que convoitent les pays occidentaux et ceux en émergence à l'instar de la Chine.

La France aussi est présente et vient de signer en mai dernier un contrat colossal d'extraction d'uranium.

Je ne comprends pas bien, là !



Selon les infos officielles, les centrales gauloises, tournant au ralenti pour de multiples raisons, ne peuvent plus fournir assez d'énergie aux français qui se voient ainsi infligés de tarifs prohibitifs au kilowatt (et qui augmentent encore de 10% au 1er août prochain).

Donc, si je résume : d'un côté, le gouvernement fait le plein de minerai à l'autre bout de la planète (il y avait déjà l'Australie et l'Afrique, rien de nouveau !)...mais le contrat mongol ne serait pas pour faire tourner les installations. Pour quelle production alors, pour qui ? Manifestement pas pour les teutons puisqu'ils tournent au charbon. Spéculation en vue ?

De fait, y'a un problème !


Mais revenons à nos nomades mongols.

Ce pays ne comptent que 3,3 millions d'habitants sur un territoire quatre fois et demie plus vaste que la France. Peuple d'éleveurs depuis la nuits des temps, les nomades se voient inexorablement poussés vers les plateaux les plus reculés pour faire place à l'industrie minière qui transforme leur magnifique pays en gruyère. Pire, l'activité assèche les nappes phréatiques et les rivières ce qui ne permet plus d'abreuver les bêtes ou d'arroser les cultures.

Alors, faute de pouvoir assurer la survie de cet immense cheptel de 65 millions de têtes de bétail, certains nomades ont commencé à vendre leurs animaux, se mettent à travailler à la mine et sont automatiquement sédentarisés dans les villes.

Notre nouvel ami l'anthropologue s'inquiète : il ne faudra pas longtemps avant que la catastrophe n'arrive. La fin de l'extraction sonnera aussi la fin de ce peuple libre.


En attendant, les villes se développent à vitesse grand V ; les immeubles tout confort sortent de terre comme des champignons. Le chauffage collectif est assuré à 90% par les centrales à charbon locales et à 10% par les russes. La vie moderne engendre des soucis de santé publique aussi. L'obésité et l'alcoolisme sont prégnants et les faces rouges croisées en ville ne sont pas dues uniquement au climat. C'est alarmant, déjà que la longévité dans le pays n'est que de 66 ans en moyenne...

Que faire ? Au nom de la modernité et du mirage financier qu'elle produit, on est en train de reléguer au rang d'esclave tout un peuple au passé conquérant légendaire.


L'âme de Gengis Khan est partout et l'empereur est célébré tel un Dieu ! Il est cité en exemple, on érige des statues monumentales à sa gloire et le drapeau mongol est partout fièrement levé. Les principales activités physiques et sportives d'aujourd'hui sont celles du 12ème siècles et honorées chaque année à la fête nationale du Naadam. Chaque famille compte parmi elle des lutteurs, des archers, des cavaliers, des chasseurs à l'aigle émérites. Les loisirs d'hiver sont encore les jeux de lancer d'osselets ou de cartes autour du poêle alimenté au bois et à la bouse de yack. Ceci dit, les stations de ski fleurissent aussi en montagne.

Conscients de la fragilité de leur condition mais aussi de leur glorieux passé, ils se revendiquent souverainistes..."pour leur survie", disent-ils. Mais comment lutter contre la marche du temps et jusqu'à quand ?


Le passé mongol n'a pas commencé du temps du grand empereur, loin s'en faut. Notre anthropologue me confirme que ce peuple nomade a conquit une immense partie de la planète en passant par le détroit de Béring. Les inuits, les lapons et autres amérindiens du Nord au Sud sont tous des descendants des peuples des steppes d'Asie centrale...et là, pas de doute possible, c'est la génétique qui parle ! D'ailleurs, il nous suffit de regarder la photo de notre ami péruvien Marcos, rencontré à Jaisalmer (ville étape de la route de la soie en Inde), pour nous convaincre d'une ressemblance troublante avec les hommes croisés en ville.


Ça y est, le grand jour est arrivé. Odmaa et Ogui passent nous chercher à l'hôtel aux premières heures de la matinée et nous prenons la direction du Sud après avoir fait un premier ravitaillement à la sortie de la ville.

Nous sommes conquis dès les premiers kilomètres.


Après avoir quitté la route pour emprunter la piste, notre premier arrêt se fait au parc national de Baga Garziin Chuluu, une merveille géologique fourmillant de troupeaux gigantesques de chèvres cachemire, de chevaux magnifiques et de moutons bigarrés, jalousement gardés par des cavaliers modernes en Trail.

Et oui, les éleveurs sont aussi d'excellents bikers !




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Nous découvrons les premières inscriptions en écriture mongole sur les stèles d'entrée de parc ainsi que le premier monastère du pays. Malheureusement détruit (comme partout dans le pays) par les troupes de Staline en 1939, il n'en reste que quelques murs de terre crue au milieu d'un décor de carte postale. L'endroit emprunt de sérénité et dominant toute la vallée, impose le respect et le silence. La plaine verdoyante qui s'étire en bas est couverte de fleurs et d'herbes odorantes, la plupart médicinales. Je frotte du thym sauvage entre mes doigts et en respire le parfum. Odmaa s'étonne. Ce retour à la nature m'enchante et me replonge dans mon enfance, au temps de l'insouciance et à l'âge où on découvre les merveilles du monde.

Notre équipage nous offre notre première nuit en pleine nature, un enchantement. Le montage de la tente nous rappelle des souvenirs et le dîner soigneusement concocté par Odmaa est un régal. Repas bien vite avalé, nous montons au sommet de la colline assister au coucher de soleil qui embrase toute la vallée avant de disparaître et de céder la place à une myriade d'étoiles. Cette scène donne le ton pour la suite de notre voyage.


Nous reprenons la route le lendemain, toujours par la piste. Le trajet en taule ondulée est fastidieux et fait souffrir notre véhicule dont le châssis finit par casser en plein désert du Tsagaan Suvarga. La tuile ! Cependant, grand habitué des virées de ce type, Lionel n'est pas inquiet. Il sait combien les chauffeurs du désert sont inventifs et d'excellents mécaniciens.


Pendant que Ogui nous bricole de quoi rallier le premier village à 30 km, nous découvrons le site qui s'étend à nos pied au coucher de soleil : la réplique du Tsingy rouge près de Diego Suarez à Mada ! Nos silhouettes qui se dessinent en cette toute fin de journée sur la roche couleur or nous rappellent notre statuette de voyage, fétiche offert par notre Sylvette.

Un pur bonheur !



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Au bled, la réparation prend la demi-journée. Le temps de permettre au mécano de souder des plaques métalliques pour assurer le maintien de l'essieu (et accessoirement la suite de notre long voyage), nous partons nous mettre à l'ombre de l'arrêt de bus et papotons avec les locaux. Décidément, ce sont les mêmes qu'au Maroc. Quelle ambiance !

Comme partout en Mongolie, les villages jalonnent la campagne. Lieux indispensables de repli des nomades au coeur de l'hiver, on y trouve absolument tout, que ce soit en ravitaillement, en logements confortables, en services administratifs ou éducatifs.

Les températures affichant des "moins" vertigineux 8 mois de l'années (- 40°C étant une moyenne, et -60° dans les montagnes du Nord-Ouest), il faut bien mettre le bétail et les hommes à l'abris et assurer la scolarité des enfants. La Mongolie est un pays très jeune et l'état met un point d'honneur à pousser l'éducation jusqu'au lycée. Seule la capitale peut offrir un service universitaire, alors les familles concernées envoient leurs ados en pension. Mais la plupart des jeunes restent pour aider à garder les bêtes en famille dès 16 ou 17 ans.


Notre périple nous fait découvrir une multitude de paysages, tantôt arides et chauds, tantôt luxuriants, montagneux et froids. Nous traversons des pleines gigantesques où la pluie s'invite avec bonheur mais aussi des forêts de cèdres et de bouleaux la taïga, les steppes.



Nous allons à la rencontre de ce peuple fier dont l'accueil est remarquable.

Nous dormons sous la yourte chez l'habitant




et partageons leur repas confectionné à base de riz ou de pâtes, de bouillon mélangé à de la viande de mouton, de chèvre ou de boeuf. Le menu ne varie guère. De temps en temps, nous dégustons le yaourt fait au lait de yack ou la crème de lait dont nous beurrons généreusement nos tartines au petit déjeuner. Une Madeleine de Proust...


Mais un tel régime hyper protéiné pour des gens comme nous va bien vite me créer de sérieux problèmes.

Je me réveille un matin, incapable de marcher. Mes pieds et mes chevilles me font un mal de chien, tout comme mes mains. Je suis percluse de goutte, une méga crise dont je vais avoir bien du mal à me débarrasser et qui va me pourrir la vie durant plus d'une semaine.

Adieu la rando aux 8 lacs que Lionel fera seul en compagnie de Gonga, Chouka et Odmaa.



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Pour ma part, je reste à la ferme, en pleine montagne et en compagnie d'une famille adorable qui va bien prendre soin de moi.


Je passe de longues heures en contemplation, assise à chauffer mes os au soleil, emmitouflée dans ma couverture rouge. Je m'informe sur les traditions et regarde la famille vivre au quotidien. Je médite aussi sur ces années délirantes que nous venons de passer et qui nous ont amener à prendre des décisions radicales pour mieux avancer, revenir aux fondamentaux, prendre de la hauteur.

Pourtant coincées entre deux géants en pleine expansion que sont la Russie et la Chine, ces contrées ont gardé leur âme...encore pour un temps.

La religion, bouddhiste ou tibétaine, est très présente et rythme le quotidien de ce peuple courageux et solidaire.

La vie sous la yourte est simple et l'ameublement réduit à sa plus élémentaire expression. Des lits, un lino au sol, quelques meubles et étagères de rangement et un poêle trônant au beau-milieu de l'espace de vie, à la fois moyen de chauffage très performant et table de cuisson. Il faut dire que la tente ne sert que pour les repas et dormir, le reste du temps étant passé en extérieur.



Pendant que les hommes gardent les troupeaux ou organisent des randos touristiques, les femmes s'occupent du foyer et des enfants, 3 par famille minimum. Dès l'aube, mon hôtesse part traire les yacks dont le lait sert à la fabrication des yaourts et de la crème. Je la regarde faire...

Hier soir, les filles de la famille, agiles cavalières, ont rassemblé 3 énormes troupeaux en prenant soin de séparer les veaux que le papa a attaché dans un enclos pour la nuit.

Après le dîner, alors que les parents font la toilette et préparent les couchages dans la yourte, les enfants jouent au volley-ball dehors jusqu'à la nuit tombée. Cette image me ravit. Puis la maman part à pied voisiner à l'autre bout de la vallée à environ 2 km. Je devine sa silhouette qui s'éloigne en chantant sous le clair de lune.





Moi aussi j'ai mon poêle. La chaleur que produit la bouse est redoutable et fait monter l'ambiance de 15°C en 10 minutes seulement. De plus, ça sent très bon. Une fois séchée, il ne reste que du foin aggloméré.

Ça me rappelle mon enfance, lorsque mon papa m'emmenait en été dans les marais près de chez nous, retourner les bouses que le soleil avait séchées. L'hiver, il démarrait toujours son feu avec et je regardais ce brasier hypnotique pendant de longues minutes.


Je sors un dernier instant contempler l'énorme pleine lune rousse avant d'aller au lit. Le chien de la famille est couché devant ma porte, en gardien. Puis, je plonge sous le duvet et m'endors au son des grognements des yacks qui viennent de squatter le bout de terrain juste derrière ma yourte. Je souris !


Le matin, je suis réveillée par Madame qui, seau à la main et tabouret sous le bras, rejoint l'enclos des veaux tout en chantant et sifflant tel un rossignol. Les mères à traire sont pour la plupart déjà rassemblées près de leurs petits, sauf quelques unes qui accourent vers leur bienfaitrice comme de gros toutous.

Tout comme pour les vaches Salers du Cantal, il est impossible de traire une yack sans son petit auprès d'elle. La fermière attache donc soigneusement la progéniture à la patte avant de la femelle qui se laisse enfin toucher. La femme entonne alors un doux chant comme pour rassurer la bête qui se calme aussitôt.


Son ouvrage terminé, elle revient préparer le repas des visiteurs prévus le midi. Ce coin de paradis est aussi un stop-cavaliers. J'assiste donc à l'arrivée d'un groupe de touristes mongols suivis des yacks en portes-charges.

Au loin, un vieil homme portant un bébé sur le dos semble compter un petit troupeau de chèvres cachemire. Toutes les générations ont une tâche à accomplir et les anciens se chargent des enfants pendant que leurs parents s'occupent des animaux...du moins jusqu'à ce que les minots aient 5 ou 6 ans, l'âge de monter eux aussi à cheval et de faire leurs bêtises dans leur coin.


L'eau est loin et c'est la mère de famille qui va la chercher tous les jours à la source, bidon sur le dos. Alors ma toilette est vite faite par respect pour cette femme.

Mon homme est bientôt de retour et je guette le fond de la vallée, assise à la porte de ma yourte en compagnie du toutou mongol qui ne me quitte plus.

Je devine rapidement les chevaux de Gonga et Chuka bientôt suivis de Lionel et Odmaa.


Gonga me fascine depuis le début de sa rencontre. Lionel l'adore aussi et une complicité s'est vite installée entre les deux hommes, au plus grand étonnement de notre guide.

L'homme est réveillé chaque matin aux aurores, comme nous. Il allume d'abord une clope puis nous rejoint pour le café pendant que notre guide traîne au lit.

C'est un petit homme de 65 ans, solide comme un roc et aux yeux rigolards. Justement : ses yeux ! Deux petites perles noires presque envoutantes, qui transpercent l'âme.


Constatant notre admiration, Odmaa finit par nous confier un secret: Ganga est chaman. Tout s'explique !

De son côté, Gonga avait eu tout le temps de nous étudier. Il avait remarqué notre aisance à vivre à leur diapason, notre intérêt pour la nature, moi pour les fleurs, les plantes et les senteurs, Lionel pour les arbres et les animaux. Il avait aussi remarqué le corbeau qui nous suit depuis notre départ, notre animal fétiche depuis que Lionel est revenu du désert en 2019. Bref, nous ne faisons pas tache dans le décor, bien au contraire.

Et puis Odmaa lui avait raconté notre histoire, ce que nous avions dû surmonter pour arriver jusque là, le courage qui nous avait fallu pour survivre au cataclysme qui s'était abattu sur nous.

Nous n'avons malheureusement jamais pu échanger correctement avec Gonga et encore moins sur le chamanisme. Ceci dit, nous n'étions pas censés être au courant pour lui.


Le chamanisme est une institution en Mongolie, comme partout dans le monde, dans les sociétés à dominante animiste. Ici, seule une trentaine de chamans est répertoriée au niveau national. C'est dire qu'il s'agit d'un don extrêmement rare et officiellement reconnu !

Ce que certains appellent "magie", folklore voire charlatanisme, n'est autre qu'une philosophie qui fait appel à la science. Il est utilisé le plus souvent pour guérir le corps et l'esprit au travers de rituels et de communication avec les animaux, les plantes et le vivant. Le chaman frappe un tambour au rythme métronome de 200 coups par minute jusqu'à ce que la personne venue en consultation (ou lui-même) rentre en transe et que son cerveau déclenche un processus surprenant de guérison.

J'avais depuis longtemps compris que le corps est une magnifique machine qui, si on prend soin de l'écouter et de le stimuler, est capable de "miracles".

J'ai souvenir aussi de ce merveilleux film " Un monde plus grand", qui relate l'histoire vraie de Corine Sombrun, première chamane occidentale formée en Mongolie. Elle explique parfaitement le phénomène scientifique. Elle travaille depuis deux décennies en étroite collaboration avec des neurologues canadiens et français afin d'étudier l'influence de la transe sur le cerveau et qui amène au processus de guérison (phénomène qui, selon les éléments scientifiques collectés, serait à la portée de tous...)

La guérison est en nous. Passionnant !!!


Avant de regagner UB, nous passons à travers steppes et grandes plaines du Nord qui ont vu, il y a bien longtemps le peuple des Huns débarquer en force. De leur passage ne restent que de merveilleuses stèles sculptées à la mémoire d'éminents guerriers ainsi que des tombes d'anciens nomades mongols au milieu desquelles nous passons le temps du déjeuner. Nous sommes suspendus dans les couloirs du temps.


Nous terminons notre magnifique road trip par le Naadam au grand stadium d'Ulaanbaatar. Au milieu d'une foule en liesse vêtue des plus beaux vêtements traditionnels, le Chef de l'état en personne préside aux festivités, honorant le glorieux passé de son peuple défilant en costumes d'époque. On s'y croirait vraiment.



Ce pays nous a beaucoup donné, tant de ses paysages que de sa profonde culture où la musique, les chants et le vivant tiennent une place prépondérante.

A ce jour deuxième destination préférée après Madagascar, ce magnifique pays ne pourra malheureusement pas nous accueillir plus de trois mois par an. Quel regret ! Pourtant, tout nous plaît ici et nous aurions la possibilité d'y travailler. Mais il faut se rendre à l'évidence : jamais nous ne survivrons à de telles températures hivernales. Il faut y être né pour résister...

D'ailleurs, c'est Philippe Frey qui en parle le mieux dans son livre "peuples du désert".

A lire absolument !


Ce long périple en immersion nous ayant un peu séché et Lionel ayant beaucoup à faire pour le montage de ses vidéos, nous nous sommes installés dans un superbe appartement en plein centre ville de UB jusqu'au 9 août.

Cependant, nous prévoyons de faire un saut au lac Khövsgöl d'ici la fin juillet, histoire de compléter notre visite...et nous initier au chamanisme. On vous racontera !


Je vous laisse à présent découvrir ci-dessous nos 20 jours de voyage en vidéos et en images.

Rêvez d'aventure, c'est fantastiquement bon pour le corps et l'esprit !

Le vivre, c'est encore mieux...


On vous embrasse fort.

Carolio




ALBUMS PHOTOS :

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VIDÉO Naadam


VIDÉO TRIP : (partie 1)


VIDÉO TRIP : (partie 2)


Un grand merci à ECOVOYAGE MONGOLIE et à toute son équipe !


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